La pensée historique face au racisme contemporain | Thinking Historically to Confront Racism Today

Elle danse avec la terre, l’eau et le ciel, située sur la pelouse du pavillon Tabaret, est une sculpture de l’artiste mohawk et oneida David General érigée en 2019, conçue pour reconnaître le lourd héritage de l’Université d’Ottawa, fondée par les Pères Oblats en 1848, sur un territoire dont le peuple Omamìwìnini Anishinàbeg sont le gardien traditionnel et qui demeure non cédé. Depuis la découverte des restes des 215 enfants morts à Tk’emlùps te Secwépemc, des chaussures y ont été posées pour commémorer ces enfants n’ayant pas survécu aux conditions de vie au Pensionnat résidentiel de Kamloops.

Photo by Daniel Rück

En tant qu’historien.ne.s à l’Université d’Ottawa nous réprouvons le racisme et le suprémacisme blanc, et nous exprimons ici notre solidarité inconditionnelle avec les membres des communautés autochtones, noires, et racisées du campus ; étudiant.e.s, personnel, et professeur.e.s.

Nous protestons contre le racisme, l’antisémitisme, l’Islamophobie, et toutes formes croisées de discrimination interpersonnelles, institutionnelles et systémiques, et nous nous engageons à œuvrer énergiquement afin de créer une université et un département d’histoire plus équitables et racialement diversifiés.

Nous reconnaissons qu’il existe au Canada non seulement une histoire de suprémacisme blanc et de racisme mais que ces phénomènes demeurent omniprésents dans nos communautés. La notion qu’il existe peu ou pas de racisme au Canada ou dans notre université ou notre enseignement, est en fait un obstacle majeur à toute résolution de ces problèmes. Nous reconnaissons que nous avons, individuellement et collectivement, contribué au racisme et au suprémacisme blanc, souvent inconsciemment, et que ceci a causé des torts.

Notre société fut façonnée par notre histoire collective de colonialisme dans laquelle les sociétés coloniales ont imposé leurs valeurs suprémacistes blanches pour créer des systèmes de différences structurelles. Même si certains.e.s d’entre nous enseignent l’histoire du racisme et de la suprématie blanche, étudiant.e.s comme collègues des communautés noires, autochtones et racisées continuent néanmoins à subir tous genres de racisme, intentionnel ou inconscient, dans notre ville, notre université, nos facultés, et nos départements.

En tant qu’historien.ne.s, il revient à nous d’identifier l’injustice historique quand nous la percevons et la rencontrons, que ce soit dans nos recherches ou dans nos classes. Nous reconnaissons aussi dans notre profession l’histoire de discrimination et de racisme systémiques qui a depuis longtemps exclu les étudiant.e.s et chercheur.e.s issu.e.s des communautés autochtones, noires, et racisées, et nous nous engageons à changer cette situation. Nous voulons construire des départements et des facultés où prévalent l’équité, où les professeur.e.s, le personnel et les étudiant.e.s sont libres d’être eux-mêmes et elles-même, et où toutes les communautés, et en particulier les communautés autochtones, noires, et racisées, peuvent s’épanouir.

En octobre 2020 une professeure utilisa un terme racial insultant dans une classe et une controverse s’ensuivit quant à l’intention de la professeure et la réaction de l’Université. Nous estimons que la liberté académique et l’antiracisme ne sont pas en opposition. Lorsque nous reconnaissons l’importance de la liberté académique pour les professeur.e.s, nous reconnaissons en même temps la liberté académique pour les étudiant.e.s et leur droit à une expérience académique exempte de mots haineux. Nous nous soucions du bien-être de nos étudiant.e.s et nous veillerons à éviter de prononcer des termes raciaux insultants dans nos cours. Bon nombre d’entre nous ont maintenant une vaste expérience dans la discussion de sujets difficiles dans nos classes, tels que le génocide, l’esclavage, le colonialisme et le racisme ; nous ne cherchons pas du tout à éviter ces sujets, et nos étudiant.e.s ne nous demandent pas de les éviter, mais nous reconnaissons que prononcer des termes raciaux blessants n’a aucune justification académique.

Nous reconnaissons qu’une expression de solidarité n’est pas suffisante. Nous nous engageons à travailler ensemble, avec les étudiant.e.s, et avec la communauté universitaire à :

  • Construire des départements, des facultés, et une université antiracistes
  • S’instruire quant aux questions de racisme dans le milieu universitaire
  • Écouter nos étudiant.e.s, collègues, et membres du personnel issu.e.s des communautés autochtones, noires, et racisées lorsqu’ils et elles nous parlent de leurs expériences et nous demandent de faire des choix individuels et collectifs pour assurer et défendre leur dignité
  • Prioriser l’embauche de professeur.e.s issu.e.s de communautés autochtones, noires, et racisées, reconnaître les difficultés de début de carrière de ces professeur.e.s qui se retrouvent dans des départements majoritairement blancs, et s’engager à faire ce qui est nécessaire afin d’assurer leur sécurité et leur dignité.

Eric Allina, jennifer dekker, marie-eve desrosiers, Chad Gaffield, Eda Kranakis, Micheline Lessard, Brenda MacDougall, Jo McCutcheon, Heather Murray, NICHOLAS NG-A-FOOK, Lotfi ben Rejeb, Daniel Rück, Ryme Seferdjeli, Neil Soiseth, Tim stanley, sarah templier, Meredith Terretta, Hernan tesler-mabe

As historians at the University of Ottawa we condemn racism and white supremacy, and express our unconditional solidarity with BIPOC (Black, Indigenous, and People of Colour) students, staff, and faculty.

We stand in protest against racism, antisemitism, Islamophobia, and intersecting forms of discrimination of any kind, interpersonal, institutional, and systemic, and we commit to actively working toward a more equitable and racially diverse university, including the Department of History. 

We acknowledge that not only does Canada have a history of white supremacy and racism; these sentiments are still pervasive in our communities. The belief that there is little to no racism in Canada, in our university and in our teaching, is itself a barrier to addressing it. We acknowledge that we have individually and collectively perpetuated racism and white supremacy, often unintentionally, and that this has caused harm. 

Our society has been shaped by our collective history of colonialism in which colonial societies imposed white supremacist values to create systems and structures of difference. Even as some of us teach the history of racism and white supremacy in our classes, racialized students and colleagues continue to experience racisms of all kinds, be it intentional or unintentional, in our city, our university, our faculties, and our departments.

As historians it is incumbent upon us to identify historical injustice when we recognize and encounter it, whether it is in our research or in our classrooms. We also recognize the history of systemic discrimination and racism in our profession that has long excluded BIPOC students and scholars, and we are committed to working to change this. We want to build equitable departments, faculties, and a university where all faculty, staff, and students can be fully themselves and where all communities, especially BIPOC communities, can thrive.

In October 2020, one professor used a historically weighted, injurious racial term in a classroom and controversy ensued around the professor’s intentions and the university’s response. We view as false the premise that academic freedom and antiracism are in opposition. While we recognize the importance of academic freedom for professors, we also recognize the importance of students’ academic freedom and right to a classroom experience free of hate speech. We care about our students and will avoid the utterance of injurious racial terms in our classrooms. Many of us have extensive experience discussing difficult topics such as genocide, slavery, colonialism, and racism in our classes—we are certainly not avoiding them, and our students are not asking us for that—but we recognize that uttering injurious racial terms does not have any academic justification.

We recognize that expressing solidarity is not enough. We commit to working together, with students, and with the university community to:

  • build anti-racist departments and faculties within our university
  • educate ourselves on issues of racism in the university setting
  • listen to racialized students, faculty, and staff who tell us about their experiences and ask us to make collective and individual choices that will safeguard and uphold their dignity
  • prioritize the hiring of BIPOC faculty members, recognizing the difficult early-career experiences of newly-hired BIPOC professors in mostly-white departments, and commit to doing the necessary work to support their safety and dignity.

Eric Allina, jennifer dekker, marie-eve desrosiers, Chad Gaffield, Eda Kranakis, Micheline Lessard, Brenda MacDougall, Jo McCutcheon, Heather Murray, nicholas ng-a-fook, Lotfi ben Rejeb, Daniel Rück, Ryme Seferdjeli, Neil soiseth, Tim stanley, sarah templier, Meredith Terretta, HERNAN TESLER-MABE

Etes-vous un.e historien.ne à l’uOttawa qui partage ces points de vue? Contactez-nous si vous désirez ajouter votre nom et vous joindre à nous pour apprendre ensemble comment adapter une approche antiraciste à l’enseignement, à la recherche, et au service universitaire.

Are you a historian on the uOttawa campus who shares these views? Contact us if you’d like to add your name here and join us to learn more about how to incorporate an antiracist approach into teaching, research and service.